Qu'est-ce que le transport urbain ?

 

Le transport collectif urbain joue un rôle essentiel dans la société québécoise : il contribue entre autres à réduire la congestion routière, à préserver la qualité de l’environnement, à faciliter la mobilité de la main-d’œuvre, à accroître la productivité individuelle, à créer des emplois, tout cela en engendrant des bienfaits pour la santé publique et la sécurité. Bref, c'est outil indispensable du développement durable des villes.

 

Sur le plan économique

  • Le transport collectif contribue à désengorger les routes et à diminuer le trafic.  On sait que la congestion routière entraîne des pertes de temps et d’argent importantes pour la société québécoise. Pour la région de Montréal, région la plus touchée au Québec par la congestion routière, une étude du ministère des Transports du Québec, intitulée Évaluation de la congestion routière dans la grande région de Montréal [1], chiffrait son coût socio-économique à plus de 778 M$. Une autre étude, celle-ci réalisée pour le compte de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, chiffrait les pertes économiques liées à la congestion à près de 1 milliard de dollars par année, soit l’équivalent de 1 % de la production du territoire[2]. Dans le région de Québec, selon des données comptabilisées par Transport et Statistique Canada, on estimait à 52 M$ le coût annuel de la congestion routière en 2007 [3].


  • Par ailleurs, selon l’Association canadienne du transport urbain (ACTU), le transport en commun par autobus crée l'équivalent de 2,5 à 3,1 emplois à temps plein par véhicule mis en service aux heures de pointe. Chaque emploi direct assure 0,47 emploi dans le secteur des approvisionnements et services par le biais d'acquisition de matériel, de fournitures et services. Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le transport en commun a soutenu, en 2003, l’équivalent de 12 845 emplois dans la région montréalaise, soit 9 610 emplois directs chez les transporteurs et 3 235 emplois indirects chez les fournisseurs.


  • De plus, les activités des organismes de transport ont permis aux gouvernements provincial et fédéral de récolter plus de 300 M$ de recettes.


  • En plus de créer des emplois directs et indirects, le transport en commun facilite l’accès à l’emploi pour des milliers de travailleurs et d’entreprises. Selon le recensement de 2001, 22 % des Canadiens vivant dans les grandes villes utilisent le transport en commun pour se rendre au travail.

 

 Sur le plan environnemental

L’utilisation accrue du transport en commun peut contribuer à une réduction substantielle des gaz à effet de serre (GES) et constituer, par le fait même, un outil efficace pour l’atteinte des objectifs du Protocole de Kyoto[4]. En effet, puisqu’un autobus transporte environ 50 personnes, il est, par personne déplacée :  

  • 6 à 18 fois moins polluant que l’automobile;
  • consomme trois fois moins d’énergie par km/passager que l’automobile.
  • Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la valeur économique de la réduction des émissions polluantes attribuables au transport en commun est estimée à 97 M$ en 2003.

Le transport en commun contribue donc à améliorer la qualité de l’air et constitue un puissant instrument dans la lutte aux changements climatiques.

 

Sur le plan social

  • Le transport en commun constitue la voie la plus économique pour se déplacer. Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le coût moyen du transport en commun à Montréal est de 0,17 $ le kilomètre, alors qu’un déplacement en transport par automobile coûte en moyenne 0,41 $ du kilomètre. L’utilisation du transport en commun représente donc des économies de 570 M$ pour les ménages en 2003, soit une moyenne de 400 $ d’économies par ménage.


  • Le transport en commun assure la mobilité de millions de travailleurs, d’étudiants, de personnes à faible revenu et de personnes âgées.


  • Puisque près de 80 % des Canadiens habitent aujourd’hui en région urbaine, le transport en commun constitue le meilleur instrument pour assurer la viabilité des villes canadiennes (i.e. santé des centres-villes, limitation de l’étalement urbain, diminution de la congestion, mobilité des véhicules d’urgence, etc.).


  • Il constitue également une solution efficace à la pollution atmosphérique qui entraîne des coûts de soins de santé considérables. À cet égard, notons que selon un rapport du gouvernement fédéral[5] , la pollution atmosphérique est responsable de quelque 5 000 décès prématurés par année dans 11 grandes villes canadiennes.


  • Enfin, selon l’Association canadienne du transport urbain (ACTU), sans les services de transport en commun, il y aurait au Canada, chaque année, à peu près 150 collisions mortelles de plus et 11 000 collisions avec blessures de plus. Dans la région de Montréal, le transport en commun contribue à réduire de 61,9 M$ les frais causés par les accidents routiers.  


[1] En 1997, une étude commandée par le ministère des Transports du Québec (MTQ) au consultant Les Conseillers ADEC, chiffrait à 502 M$ ($1997) le coût socio-économique annuel de la congestion routière dans la grande région de Montréal. L'étude de 1997 portait sur la congestion routière de 1993 sur la base des données de l'Enquête origine-destination (O-D) 1993, qui était la plus récente à l'époque, et du modèle de transport de la région de Montréal du MTQ alors en usage (MOTREM 93). Afin de suivre l'évolution de la situation, le MTQ a commandé en 2001 à ce même consultant une nouvelle évaluation de la congestion basée sur les données de l'enquête O-D 1998 et sur le MOTREM 98. Compte tenu de toutes les améliorations apportées à ce modèle de transport et à la méthode d'évaluation des coûts de la congestion, il n'est pas possible de comparer directement les résultats de cette étude et ceux de l'étude de 1997. Toutefois, les données de 1993 ont pu être transposées dans le MOTREM 98 afin de mesurer, sur une base comparable, l'évolution de la congestion entre 1993 et 1998. Pour consulter cette étude :
[2] Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Le transport en commun : un puissant moteur du développement économique de la région métropolitaine de Montréal, Montréal, décembre 2004, www.ccmm.qc.ca/transport_commun.
 
[3] Insitut C.D. Howe, Congestion Relief : Assessing de Case for Road Tolls in Canada, mai 2007, http://www.cdhowe.org/pdf/commentary_248.pdf.
 
[4] Le protocole de Kyoto, conclu le 12 décembre 1997 au Japon, impose aux 30 pays industriels qui l'ont ratifié de ramener leurs émissions de six gaz à effet de serre, dont le gaz carbonique, d'ici 2012 aux niveaux de 1990. Grâce à la récente ratification du Parlement russe, les Nations unies ont annoncé, le 18 novembre dernier, que le protocole de Kyoto entrera en vigueur le 16 février prochain. Rappelons que le secteur des transports est le secteur qui est responsable de la plus grande émission de GES.  En 2000, il contribuait en effet pour 38 % de l’ensemble des GES au Québec, comparativement à 32,5 % pour le secteur industriel. L’automobile et les déplacements quotidiens reliés à ce mode de transport représentaient 60 % de ces 38 %, i.e. 22 % du total des émissions des GES. Les démarches pour prévoir "l'après-Kyoto" ont été enclanchées en décembre 2007 lors de la Conférence internationale de l'ONU à Bali.
[5] Commissaire à l’Environnement et au Développement durable, Le smog : un risque pour la santé, 2000, Ottawa (http://www.oag-bvg.gc.ca/).
Recherche
entrez le mot clé

Actualité(s)

Le Point Commun
25 Août 2008

               Plan du site                 Retour au haut de la page