|
|
|||||||||||||||
|
Le rôle du transport urbain
|
Selon les données du recensement 2006 compilées par Statistique Canada, la proportion de travailleurs utilisant le transport en commun est de 12,8% au Québec comparativement à 11% pour l’ensemble du Canada. Ainsi, le Québec se situe au deuxième rang des provinces, tout de suite après l’Ontario (12,9%). Cependant, l’automobile est toujours le mode de transport le plus utilisé pour se rendre au travail (78,2% des Québécois) et, malgré la hausse d’achalandage dans les transports en commun, la croissance annuelle du parc automobile étant tout aussi importante, la part modale du transport collectif est demeurée relativement stable depuis 2001. Or, le transport collectif urbain joue un rôle essentiel : il contribue à réduire la congestion routière, à préserver la qualité de l’environnement, à faciliter la mobilité de la main-d’œuvre, à accroître la productivité individuelle, à créer des emplois, tout cela en engendrant des bienfaits pour la santé publique et la sécurité. En somme, c'est un outil indispensable du développement durable des villes. Sur le plan économiqueDiminution de la congestion : Le transport collectif contribue à désengorger les routes et à diminuer le trafic. La congestion routière entraîne des pertes de temps et d’argent importantes pour la société québécoise, ce qui rend nos villes moins compétitives sur le plan économique et moins attrayantes pour y vivre et y travailler. Pour la région du grand Montréal, région la plus touchée au Québec par la congestion routière, une étude réalisée en 2004 pour le compte de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain chiffrait les pertes économiques liées à la congestion à près de 1 milliard de dollars par année, soit l’équivalent de 1 % de la production du territoire[1]. Dans le région de Québec, selon des données comptabilisées par Transports et Statistiques Canada, on estimait à 52 M$ le coût annuel de la congestion routière en 2007[2]. Création d’emploi : Par ailleurs, selon l’Association canadienne du transport urbain (ACTU), le transport en commun par autobus crée l'équivalent de 2,5 à 3,1 emplois à temps plein par véhicule mis en service aux heures de pointe. Chaque emploi direct assure 0,47 emploi dans le secteur des approvisionnements et services par le biais d'acquisition de matériel, de fournitures et de services. Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le transport en commun a soutenu en 2003 l’équivalent de 12 845 emplois dans la région montréalaise, soit 9 610 emplois directs chez les transporteurs et 3 235 emplois indirects chez les fournisseurs. Stimule l’économie : Les dépenses des organismes de transport en commun stimulent 2 fois plus l’économie québécoise qu’une dépense équivalente en transport privé en voiture. En effet, 90% des dépenses en transport en commun sont associées à l’achat de biens et de services produits au Québec alors que dans le cas des automobiles, le taux serait de seulement 50%. Sur le plan environnemental Le transport est considéré comme la principale cause d'émissions de gaz à effet de serre (GES) et contribue grandement au réchauffement climatique. Au Québec, les transports sont responsables de près de 40 % des émissions de gaz à effet de serre et en sont ainsi les premiers producteurs. Réduction des GES : L’utilisation accrue du transport en commun peut contribuer à une réduction substantielle des gaz à effet de serre et constituer, par le fait même, un outil efficace pour l’atteinte des objectifs du Protocole de Kyoto. En effet, puisqu’un autobus transporte environ 50 personnes, il est par personne déplacée :
Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la valeur économique de la réduction des émissions polluantes attribuables au transport en commun dans la région est estimée à 97 M$ en 2003. Dans l’ensemble, un client du transport en commun produit 4 fois moins de pollution atmosphérique pour un même nombre de passagers par kilomètre[3] et entraîne 65% moins d’émissions de GES qu’un automobiliste pour le même voyage[4]. Sur le plan socialAccessibilité : Le transport occupe une fonction sociale importante. Il permet l’accès aux emplois, au marché, à l’éducation, aux soins de santé ainsi qu’à d’autres services essentiels. Se déplacer est donc nécessaire pour le progrès et la qualité de vie et permet l’insertion sociale et économique. Quelque soit leur lieu de résidence, leurs moyens financiers ou leur condition physique, tous les citoyens doivent pouvoir accéder facilement à leur activités et ce, via un ou plusieurs modes de déplacements. Ainsi, le transport en commun assure aussi la mobilité de personnes âgées, de familles avec jeunes enfants ou des enfants eux-mêmes et de personne à faible revenu. Au Québec, en plus du transport régulier, les sociétés de transport ont effectué en 2003 près de 3 millions de déplacements en transport adapté et transporté 67 750 élèves. En 2006, ce sont plus de 350 millions de déplacements qui ont été effectués en autobus urbain et plus de 137 millions en métro[5]. Diminution des coûts de déplacement : Le transport en commun constitue la voie la plus économique pour se déplacer. Selon l’étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le coût moyen du transport en commun à Montréal est de 0,17 $ le kilomètre, alors qu’un déplacement en transport par automobile coûte en moyenne 0,41 $ du kilomètre. L’utilisation du transport en commun représente donc des économies de 570 M$ pour les ménages en 2003, soit une moyenne de 400 $ d’économies par ménage. Puisque près de 80 % des Canadiens habitent aujourd’hui en région urbaine, le transport en commun constitue le meilleur instrument pour assurer la viabilité des villes canadiennes (i.e. santé des centres-villes, limitation de l’étalement urbain, diminution de la congestion, mobilité des véhicules d’urgence, etc.). La santé : En constituant une solution efficace à la pollution atmosphérique, le transport en commun contribue à diminuer considérablement les coûts de soins de santé liés à certaines maladies respiratoires et cardio-vasculaires. À cet égard, notons que selon un rapport du gouvernement fédéral[6], la pollution atmosphérique est responsable de quelques 5 000 décès prématurés par année dans 11 grandes villes canadiennes. De plus, les études scientifiques démontrent que les individus qui dépendent de l’automobile pour le transport ont plus de problèmes de santé reliés au poids que les individus qui utilisent le transport alternatif (transport en commun et transport actif, entre autres). Des chercheurs américains ont noté que les utilisateurs de transport en commun marchaient en moyenne 24 minutes par jour[7]. Ainsi, l’utilisation du transport en commun est associé à une diminution pouvant atteindre 23% des risques d’obésité par rapport à l’utilisation de l’automobile. La sécurité : Les activités de transport sont aussi la cause de décès et de blessures graves lors d’accidents de la route. Au Canada, les accidents impliquant des véhicules motorisés tuent plus de 3 000 personnes chaque année et sont la cause principale de décès par accident pour les moins de 35 ans. Ils coûtent chaque année 10 millions de dollars en soins de santé. Enfin, selon l’Association canadienne du transport urbain (ACTU), sans les services de transport en commun, il y aurait chaque année au Canada à peu près 150 collisions mortelles et 11 000 collisions avec blessures de plus. Dans la région de Montréal, le transport en commun contribue à réduire de 61,9 M$ les frais causés par les accidents routiers. [1] Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Le transport en commun : un puissant moteur du développement économique de la région métropolitaine de Montréal, Montréal, décembre 2004, www.ccmm.qc.ca/transport_commun. [2] Insitut C.D. Howe, Congestion Relief : Assessing de Case for Road Tolls in Canada, mai 2007, http://www.cdhowe.org/pdf/commentary_248.pdf. [3] Méthodologie présentée dans Desrosiers, Jacqueline, Guide de l’analyse avantages-coûts des projets publics en transport, Ministère des Transports du Québec, 2001. [4] Choisir un avenir durable pour la métropole : Investir résolument dans le développement des infrastructures lourdes de transport en commun, Desseau, Société de transport de Laval (STL), 2008. [5] Données benchmarking de l'ATUQ, 2003 et 2006. [6] Commissaire à l’Environnement et au Développement durable, Le smog : un risque pour la santé, 2000, Ottawa (http://www.oag-bvg.gc.ca/). [7] Moderniser la mobilité, Mémoire de l’agence de la santé et des services sociaux de Montréal, préparé par la Direction de la santé publique dans le cadre des consultations publiques sur le Projet de modernisation de la rue Notre-Dame : volet intégration urbaine, 6 février 2008. |
Actualité(s)
|
|||||||||
|
|
|||||||||||
Plan du site
Retour au haut de la page
|
mise à jour le 05 Janvier 2010 | ||||||||||